Retour à l’emploi
Recommencer à travailler après un cancer peut être le début d’une reconstruction et permettre de se sentir à nouveau utile. Mais c’est parfois aussi affronter de nouvelles difficultés. C’est pourquoi il est important d’être éventuellement accompagné.
Retour à l’emploi après un cancer
Workingwithcancer rassemble plus de 1000 entreprises qui s’engagent à lever le tabou du cancer au travail mais aussi à soutenir les salariés et leurs proches.
Leur action consiste à faire en sorte de maintenir un cadre bienveillant afin que le salarié se sente simplement autorisé à parler.
En France, le dispositif « affection de longue durée ” permet de déclencher la prise en charge nécessaire, si une personne qui reprend le travail ne souhaite pas aborder directement le sujet avec son employeur.
Après avoir vécu au rythme des soins, les personnes malades voient souvent le retour au travail comme une reprise en main de leur vie, seulement après une telle épreuve, on peut ressentir des douleurs, de la fatigue, être fragilisé. Des questionnements peuvent apparaître. Afin que le retour au travail ne se transforme pas en quelque chose d’insurmontable, il est important d’être accompagné et informé. Pour cela l’ACMS est le premier service de santé au travail. La médecine du travail peut mettre en place des solutions pour vous permettre de reprendre le travail dans les meilleures conditions, en fonction de vos envies, de vos besoins et de vos capacités en faisant le lien avec votre employeur. Elle peut missionner un ergonome, proposer si besoin une réorientation professionnelle et vous orienter vers une assistante sociale…
Si elle n’est pas obligatoire, la visite de pré-reprise du travail est vivement conseillée. Elle permettra de répondre à toutes les questions que soulève le retour à la vie professionnelle et de trouver des solutions adaptées.
Les dispositifs de retour à l’emploi :
> La visite de préreprise (non obligatoire)
Le temps partiel thérapeutique : il permet de reprendre le travail en douceur.
Le reclassement : en cas d’impossibilité durable de reprendre une activité professionnelle.
Le rendez-vous de liaison : il vise à renforcer la prévention en santé au travail.
La reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH) : liée à la dégradation d’au moins une fonction physique, sensorielle, mentale ou psychique. Il suffit de s’adresser à la MDPH la plus proche de chez vous (lien interne vers rubrique “Soutien local”) pour en faire la demande.
Un coaching pour reprendre le travail après un cancer :
Depuis 2015 « la Ligue contre le cancer » propose un accompagnement personnalisé aux personnes qui vont reprendre le travail et qui souhaitent changer de poste à l’intérieur de leur entreprise ou s’engager dans une reconversion ou encore à celles qui ont déjà repris le travail et vivent une situation professionnelle difficile. Elles peuvent bénéficier de 7 séances de coaching pour reprendre confiance en elles et clarifier leur projet professionnel.
Des ateliers sont aussi proposés sur différents thèmes :
Comment vivre la période après la maladie ?
Comment en parler ?
Négocier une mobilité.
Aborder son retour en entreprise.
Ces ateliers permettent de se sentir moins isolé et sont l’occasion de partager les questions qui se posent à toutes et tous.
Des sophrologues peuvent aussi assurer un accompagnement individualisé pour retrouver son corps, se détendre et améliorer son sommeil.
Le service social de la Carsat peut aussi venir en aide.
Une solution de recrutement adapté :
Il existe un salon de recrutement en ligne dédié aux personnes en situation de handicap : Hello Handicap. Il permet aux candidats de rencontrer des entreprises, sans se déplacer, grâce à des entretiens en visioconférence ou par téléphone, facilitant ainsi l’accès à l’emploi.
Témoignages
Extrait d’un article paru dans le numéro de décembre 2023 de la revue “Vivre ligué contre le cancer” :
“Aurélie Gil reprend le travail mais pas comme avant !
En février 2020, elle s’absente de son travail mais ne reprendra son poste qu’un an et demi plus tard, le temps de traiter son cancer du sein.Tout se passe bien au niveau de son entreprise, chef et collègue lui disent de prendre le temps de s’occuper d’elle. Malheureusement, dès la fin des traitements la CPAM gèle ses indemnités jusqu’à ce qu’elle prouve qu’elle a bien eu un cancer. Elle a beau fournir des preuves, cela ne suffit jamais. Elle finit par leur envoyer une photo d’elle pour qu’ils voient son corps malade. Très fatiguée, elle souffre de douleurs chroniques, de troubles de la concentration et de la mémoire consécutifs aux traitements. Heureusement pour elle, elle bénéficie d’un accompagnement au retour à l’emploi et ses conseillers lui proposent de monter un dossier pour la reconnaissance de sa situation comme handicap invisible auprès de la MDPH.
Peu avant la reprise de son travail, elle décide de rencontrer son responsable pour lui faire part de ses doutes, de sa peur de ne pas être à la hauteur. il se montre rassurant et lui propose un poste aménagé à temps partiel thérapeutique dans un bureau individuel pour aider à sa concentration. Un mois plus tard l’assurance maladie la pousse à reprendre un poste à plein temps. Fatiguée par ses 2 heures de trajet quotidien et désireuse de retrouver un équilibre, elle accepte finalement une opportunité professionnelle plus proche de chez elle.
Au début des traitements, elle voyait la reprise du travail comme une réussite en soi. Mais la maladie la changeait tellement profondément, ce qui compte dit-elle, c’est de se maintenir dans l’emploi dans les meilleures conditions possibles en fonction de ce que l’on est capable de faire.”
Sans le dire
Tu es arrivé sans prévenir, pas d’antécédents, pas de comportement à risque et pourtant tu t’es présenté à moi alors que j’avais seulement 44 ans.
Il faut dire que je n’ai pas écouté les messages que mon corps m’avait envoyé encore et encore.
Finalement, tout avait été préparé pour que tu puisses t’installer tranquillement, sans faire de bruit.
Après t’avoir combattu, pour rester en vie, j’ai appris de cette épreuve, j’ai enfin compris, qui je suis et quel était le vrai sens de ma vie.
Merci l’Ennemi–Ami.
Corinne P
Noémie Labrosse – Exposition “Lettres à des étoiles” – Mornant 2024
